Le blog du bio - 18 mai 2009 - Une crèche écolo pour bébé

Comme toutes les parents nous sommes sensibles à la qualité de l’environnement quotidien de nos bébés. Passant plus de 80 % de son temps dans des intérieurs (à la maison, mais aussi à la crèche), bébé ne respire pas toujours un air sain, avec des produits d’entretien notamment qui ne sont pas souvent écologiques. Mais c’est sans compter l’arrivée de nouvelles crèches écolos.

Sous l’impulsion de Claire Escriva, directrice de l’Atelier Méditerranéen de l’Environnement, le premier réseau est né au printemps 2009 à Marseille, avec le soutien de la région PACA et des fondations Nicolas Hulot et Nature et Découvertes. A l’origine de ce projet pilote, il s’agissait de mobiliser cinq crèches associatives pour qu’elles améliorent leur impact sur l’environnement : gestion des déchets, la consommation d’énergie et d’eau, l’utilisation de produits d’entretien respectueux de l’environnement mais aussi l’alimentation biologique et une gamme d’activités écologiques proposées aux enfants. Et oui la sensibilisation peut démarrer au berceau !

En fait, par l’intermédiaire des bébés, il s’agit aussi de toucher les parents et tout le personnel des crèches.
Bravo à la créatrice de cette démarche Ecolo crèche, Claire Escriva devenue la première lauréate française du prix «Terre de femmes» de la fondation Yves Rocher

Pourquoi c’est important de développer des crèches écolos ?


Une étude réalisée en février par l’Association Santé Environnement France (Asef) sur 10 crèches témoins en France ( à Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nice et Aix en Provence) a permis de révéler la présence de trois molécules cancérigènes, le benzène, le formaldéhyde, et les phtalates, classées par l’Observatoire de l’Air Intérieur comme «hautement préoccupantes».

Le benzène, augmente les risques de leucémie et de cancer de l’appareil génital et malheureusement les deux tiers des sites sont au-dessus de la moyenne. Cette substance est liée à la pollution automobile, notamment quand la crèche est construite à proximité d’un axe routier.

Quant au formaldéhyde, il se dégage à partir de la colle d’agglomérés. On le retrouve dans les peintures, les mousses synthétiques mais aussi les charpentes, les linos, ….et en concentration plus forte quand la crèche est récente …et ces molécules peuvent être inhalées par les bébés !.

Enfin, les phtatales qui servent à assouplir les plastiques sont présents dans les cosmétiques, dans les jouets, mais aussi sur certains textiles avec inscriptions et et peuvent être avalés.

Il est temps de prendre des mesures pour que nos bébés ne soient plus exposés au quotidien à cette pollution intérieure. Et ce label crèche écolo va peut être permettre d’encourager les collectivités à passer aux produits écologiques pour l’aménagement et l’entretien des crèches et autres lieux accueillant bébés et enfants.


Comment devenir une crèche écolo ?


Faites votre demande auprès du réseau, elle sera étudiée par un comité d’expert et si elle est validée vous pourrez apposer le logo.

Les initiatives se développent un peu partout et pas seulement en métropole. A Saint-André de la Réunion la crèche écolo associative vient d’ouvrir en mai, poussée par Nadine Fontaine, qui souhaitait appliquer aussi ses convictions écologistes aux modes de gardes collectifs. Cette nouvelle crèche écolo propose des couches lavables fabriquées localement. Au menu de ces bébés écolos, des repas bio essentiellement arrosés d’eau filtrée pour éviter l’usage des bouteilles. Les fruits et légumes pour dans le potager bio de la crèche arrosé par de l’eau de récupération. Le ménage est fait avec des produits d’entretien écologiques. Et les enfants profitent essentiellement de jouets en bois et d’autres faits à partir de matériaux de récupération.

En tant que fondatrice d’Abonéobio, et distributrice de cosmétiques bio pour bébé et de produits d’entretien écologiques, j’ai évidemment approché la crèche de ma commune. Mais les freins sont nombreux et je pense que ce type de projet ne peut exister sans la volonté sans faille de sa directrice (ou de son directeur). Pour une crèche Ecolo à Beaucouzé, c’est à suivre…

Le Monde - 21 avril 2009 - L’air que l’on respire

A l’intérieur, l’air que l’on respire est encore plus pollué

Peintures, colles, cosmétiques, désodorisants, produits ménagers, cigarettes, etc. : la liste des produits nocifs à l’intérieur d’une habitation est longue. Tant et si bien que l’air y est souvent plus pollué qu’à l’extérieur.

L’affaire n’est pas anecdotique : il est admis qu’une personne passe 80 % à 90 % de son temps sous un toit. “A la différence de la pollution de l’air extérieur, celle de l’air intérieur est restée plutôt méconnue”, assure André Cicolella, porte-parole du Réseau environnement santé. Il participait, durant le week-end du 18 avril, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhônes), à un congrès intitulé Un autre regard sur le cancer, organisé par l’association Ressource, fondée par le cancérologue Jean-Loup Mouysset.


Les plus exposés à la pollution intérieure sont, comme toujours, les plus fragiles : bébés, enfants, personnes sensibles et femmes enceintes - d’autant que la grossesse est une période pendant laquelle les femmes sortent moins. Tout le monde est touché : même dans les crèches, selon une étude menée par l’Association santé environnement France (ASEF), dévoilée fin mars.

Pour combattre ce problème, le ministère de la santé a présenté, samedi 18 avril, un Guide de la pollution de l’air intérieur, diffusé à deux millions d’exemplaires, et le deuxième Plan national santé environnement (PNSE2), qui devrait être présenté avant l’été, se penchera aussi sur la question.


Quels sont les risques ? “L’air que l’on respire à l’intérieur peut avoir des effets sur le confort et la santé, depuis la simple gêne (odeurs, somnolence, irritation des yeux et de la peau) jusqu’à l’aggravation ou le développement de pathologies, comme par exemple les allergies respiratoires”, souligne l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI). Sans parler de l’asthme, des manifestations inflammatoires, infectieuses, des problèmes cardio-vasculaires, ou neurologiques… Certains polluants, dont la concentration est parfois quinze fois supérieure à l’intérieur, sont des agents cancérogènes avérés ou probables.


L’”EFFET COCKTAIL”


Pas moins de 100 000 substances seraient utilisées industriellement dans l’Union européenne. Un certain nombre d’entre elles ont été évaluées cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR), dont le formaldéhyde, très présent dans les intérieurs (produits d’entretien, cosmétiques, etc.). Mais beaucoup de ces substances, que l’on trouve chez soi, ne sont pas évaluées.


“On a focalisé (les recherches) sur des polluants “classiques” comme le benzène et le formaldéhyde, mais l’enjeu est plus sur les substances de type perturbateurs endocriniens, qui généralement ne sont pas mesurées, alors qu’elles contaminent la quasi-totalité de la population, qu’il s’agisse du bisphénol A (BPA), des polybromés, des phtalates ou des pesticides”, prévient M. Cicolella.


Quelques exemples de pollutions parmi d’autres : la fumée d’une cigarette contient plus de 4 000 substances (benzène, monoxyde de carbone, ammoniac, etc.) ; les matériaux de construction des bâtiments peuvent émettre du radon ; les composés organiques volatils (COV), qui proviennent des appareils de chauffage, du mobilier ou des tissus d’ameublement (colles, teintures, peintures, plastiques), peuvent être cancérogènes ; les pesticides à usage domestique, utilisés comme protecteurs des bois, antimoustiques, etc. ; ou encore certains désodorisants, parfums d’intérieur, cosmétiques, etc., contiennent des polluants. L’”effet cocktail”, lorsque l’organisme accumule plusieurs produits chimiques qui, pris individuellement, sont inférieurs aux seuils autorisés, crée également des inquiétudes.


“En attendant les études, on doit trouver les moyens d’éliminer les expositions inutiles”, alerte le docteur Annie Sasco, directrice de l’équipe d’épidémiologie pour la prévention du cancer à l’université Bordeaux-II. “Il existe des alternatives saines aux produits dangereux : peintures sans solvants, meubles sans substances toxiques”, rappelle Anne Barre, présidente de la branche française de Women in Europe for a Common Future. Cette association a lancé les ateliers Nesting pour informer sur les sources de pollution de l’air intérieur. Elle mène une action de sensibilisation auprès du grand public et des collectivités locales, mais semble avoir du mal à trouver des financements.

Pollution intérieure : les médias alertes

Le site www.qualité-air-interieur.fr a vu le jour suite à ce début de médiatisation en 2007.

Inquiets par le danger que représente la pollution dans nos maisons, nous avons souhaité, en tant que pères et mères de famille, creuser le sujet en profondeur. Livres et revues thématiques, articles de presse, interviews de scientifiques, déclarations politiques, rapports d’analyses : toutes nos sources ont fait l’objet de vérifications rigoureuses, ce qui fut un travail de longue haleine ! Considérez donc www.qualité-air-interieur.fr comme la synthèse de ces informations, lesquelles nous avons jugées utiles et urgentes à faire circuler dans vos chaumières :-)

Attention, bien que nous abordions les polluants les plus dangereux (benzène, formaldéhyde, cov), leurs sources (décoration, meubles, matériaux, pièces de vie) et leurs effets sur la santé (gênes, allergies, cancers), nous sommes bien loin d’offrir une documentation complète. C’est pourquoi nous proposons ci-dessous une revue de presse mise à jour régulièrement. Pour plus d’informations, n’hésitez pas également à consulter nos liens internet.

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