Dix mille enfants de moins de 4 ans meurent chaque année dans les pays européens les moins riches des émanations de combustibles solides ou de tabac.

Réunis mercredi et jeudi à Luxembourg, les ministères de la Santé et de l'Environnement des pays européens ont décidé de renforcer les engagements qu'ils avaient pris en 2004 dans le cadre du Plan d'action pour l'environnement et la santé des enfants en Europe. À cette occasion, ils ont annoncé qu'ils entendaient réduire sensiblement la mortalité et la morbidité des enfants en améliorant la qualité de l'air intérieur.

«Les deux principaux problèmes sont le tabac et la pollution, explique le Dr Michal Krzyzanowski, conseiller régional du bureau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l'Europe. Ouvrir la fenêtre ne suffit pas à faire sortir la fumée. Et les enfants qui ont des parents fumeurs ont plus de risques que les autres.» On croit souvent à tort qu'aérer en ouvrant les fenêtres suffit à renouveler l'air vicié des intérieurs. «Mais il faut le faire aux heures les moins polluées, soit tard le soir ou la nuit, mais pas le matin», préconise Michal Krzyzanowski. La fumée de cigarettes cause également des problèmes respiratoires sévères tels que l'asthme.

Asthme et humidité

Dans la région européenne de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), on estime que 10 000 enfants âgés de 0 à 4 ans meurent chaque année du fait de l'utilisation de combustibles solides dans les foyers. L'OMS relève également que 90 % d'entre eux vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Pour des soucis d'économie ou pour des raisons écologiques comme l'économie d'énergie, «les gens brûlent des déchets ou du bois dans des poêles rudimentaires ou mal entretenus à des fins de chauffage et de cuisson des aliments, au lieu d'utiliser des combustibles plus propres mais plus chers», déplore l'OMS.

Elle relève aussi que ces situations augmentent l'exposition au monoxyde de carbone ainsi que les risques d'incendie domestique. Pour les enfants les plus pauvres de l'Europe, le risque de mourir dans des incendies accidentels est d'ailleurs quasiment 40 fois plus élevé que pour les plus riches. En Inde, où les femmes utilisent chaque jour du bois pour faire la cuisine à l'intérieur de leur habitation, on estime que ces émanations reviennent à ce qu'elles inhaleraient si elles fumaient deux paquets de cigarettes quotidiennement.

Dans certains pays européens,l'OMS relève que 20 à 30 % des ménages ont des problèmes d'humidité, ce qui accroît le risque de troubles respiratoires de 50 %. Les enfants sont les plus vulnérables et les logements humides pourraient être à l'origine de 13 % de l'asthme des enfants dans les pays développés. Les cités d'habitations compactes ont des concentrations plus élevées de polluants de l'air intérieur, ce qui favorise l'humidité.

Pour essayer de réduire tous ces problèmes liés à la pollution environnementale, le bureau régional de l'OMS pour l'Europe a examiné des exemples d'interventions efficaces. Elles consistent notamment à adopter des normes de construction favorables à la santé, à donner des incitations financières pour l'adoption des méthodes de chauffage et de cuisson plus hygiéniques. D'autres mesures sont également préconisées comme l'entretien des poêles ou encore… l'abandon du tabac.

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Posté le 30 mars 2009.