Asthme et allergies : traquez l’ennemi dans la maison

Depuis plusieurs dizaines d'années, le nombre de cas d'asthmes et d'allergies ne cesse d'augmenter dans les pays développés et des facteurs environnementaux sont manifestement en cause. La pollution extérieure joue sans doute un rôle mais les allergènes sont aussi présents à domicile... Quelques mesures simples permettent d'en réduire la quantité.

Considéré comme un refuge vis-à-vis de l’extérieur, « notre habitat renferme aussi des substances néfastes pour la santé, notamment celles des plus sensibles », souligne le Pr Frédéric de Blay (Strasbourg). Nos maisons et nos appartements seraient directement impliqués dans l’explosion du nombre de cas d’asthmes et d’allergies depuis le début des années 1980.

« A la fin des années 1970, seuls 3% des 13-14 ans étaient asthmatiques contre 11% aujourd’hui, révèle-t-il. Les acariens [que l’on trouve notamment dans nos matelas, sommiers, moquettes et rideaux, NDLR] et le chat sont les allergènes les plus fréquemment en cause dans l’asthme allergique de l’enfant et de l’adulte ».

Le Pr de Blay cite également les moisissures « qui font tousser et sont irritantes pour les bronches », sans oublier bien sûr les nombreux polluants chimiques dégagés par les cuisinières à gaz, les poêles, cheminées à foyer ouvert, colles à parquets et autres vernis. « L’air intérieur apparaît comme un mélange de substances biologiques et chimiques qui interagissent les unes avec les autres ».

Ouvrez les fenêtres !

Pour contrer ces allergènes, la parade tient en deux mots : ventilation (grâce aux VMC ou ventilations mécaniques contrôlées, « qui doivent être vérifiées tous les ans ») et aération. « Il suffit d’ouvrir les fenêtres quelques minutes chaque jour ». De 5 à 15 minutes, recommande l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, y compris en hiver bien sûr.

Des travaux ? Si vous faites construire ou si vous vous êtes lancés dans des travaux de rénovation, Frédéric de Blay retient deux conseils : « d’une manière générale, préférez la brique à l’aggloméré et repérez les produits (parquets, vernis, colles, peintures…) sans solvants ».

« Le métier de Conseil médical en environnement intérieur (CMEI) est reconnu depuis plusieurs années maintenant, mais il peine à se développer », précise le Pr de Blay, qui regrette « un manque de volonté politique ». Ces professionnels diplômés interviennent en effet à domicile et sur demande d’un médecin. Un bémol, seulement 35 sont en activité… pour toute la France. Pour en savoir davantage sur le sujet, consultez le site du Réseau d’Education des Asthmatiques et Allergiques (Resedaa).

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Posté le 14 avril 2009.