Le blog du bio - 18 mai 2009 - Une crèche écolo pour bébé

Comme toutes les parents nous sommes sensibles à la qualité de l’environnement quotidien de nos bébés. Passant plus de 80 % de son temps dans des intérieurs (à la maison, mais aussi à la crèche), bébé ne respire pas toujours un air sain, avec des produits d’entretien notamment qui ne sont pas souvent écologiques. Mais c’est sans compter l’arrivée de nouvelles crèches écolos.

Sous l’impulsion de Claire Escriva, directrice de l’Atelier Méditerranéen de l’Environnement, le premier réseau est né au printemps 2009 à Marseille, avec le soutien de la région PACA et des fondations Nicolas Hulot et Nature et Découvertes. A l’origine de ce projet pilote, il s’agissait de mobiliser cinq crèches associatives pour qu’elles améliorent leur impact sur l’environnement : gestion des déchets, la consommation d’énergie et d’eau, l’utilisation de produits d’entretien respectueux de l’environnement mais aussi l’alimentation biologique et une gamme d’activités écologiques proposées aux enfants. Et oui la sensibilisation peut démarrer au berceau !

En fait, par l’intermédiaire des bébés, il s’agit aussi de toucher les parents et tout le personnel des crèches.
Bravo à la créatrice de cette démarche Ecolo crèche, Claire Escriva devenue la première lauréate française du prix «Terre de femmes» de la fondation Yves Rocher

Pourquoi c’est important de développer des crèches écolos ?


Une étude réalisée en février par l’Association Santé Environnement France (Asef) sur 10 crèches témoins en France ( à Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nice et Aix en Provence) a permis de révéler la présence de trois molécules cancérigènes, le benzène, le formaldéhyde, et les phtalates, classées par l’Observatoire de l’Air Intérieur comme «hautement préoccupantes».

Le benzène, augmente les risques de leucémie et de cancer de l’appareil génital et malheureusement les deux tiers des sites sont au-dessus de la moyenne. Cette substance est liée à la pollution automobile, notamment quand la crèche est construite à proximité d’un axe routier.

Quant au formaldéhyde, il se dégage à partir de la colle d’agglomérés. On le retrouve dans les peintures, les mousses synthétiques mais aussi les charpentes, les linos, ….et en concentration plus forte quand la crèche est récente …et ces molécules peuvent être inhalées par les bébés !.

Enfin, les phtatales qui servent à assouplir les plastiques sont présents dans les cosmétiques, dans les jouets, mais aussi sur certains textiles avec inscriptions et et peuvent être avalés.

Il est temps de prendre des mesures pour que nos bébés ne soient plus exposés au quotidien à cette pollution intérieure. Et ce label crèche écolo va peut être permettre d’encourager les collectivités à passer aux produits écologiques pour l’aménagement et l’entretien des crèches et autres lieux accueillant bébés et enfants.


Comment devenir une crèche écolo ?


Faites votre demande auprès du réseau, elle sera étudiée par un comité d’expert et si elle est validée vous pourrez apposer le logo.

Les initiatives se développent un peu partout et pas seulement en métropole. A Saint-André de la Réunion la crèche écolo associative vient d’ouvrir en mai, poussée par Nadine Fontaine, qui souhaitait appliquer aussi ses convictions écologistes aux modes de gardes collectifs. Cette nouvelle crèche écolo propose des couches lavables fabriquées localement. Au menu de ces bébés écolos, des repas bio essentiellement arrosés d’eau filtrée pour éviter l’usage des bouteilles. Les fruits et légumes pour dans le potager bio de la crèche arrosé par de l’eau de récupération. Le ménage est fait avec des produits d’entretien écologiques. Et les enfants profitent essentiellement de jouets en bois et d’autres faits à partir de matériaux de récupération.

En tant que fondatrice d’Abonéobio, et distributrice de cosmétiques bio pour bébé et de produits d’entretien écologiques, j’ai évidemment approché la crèche de ma commune. Mais les freins sont nombreux et je pense que ce type de projet ne peut exister sans la volonté sans faille de sa directrice (ou de son directeur). Pour une crèche Ecolo à Beaucouzé, c’est à suivre…

Le Monde - 21 avril 2009 - L’air que l’on respire

A l’intérieur, l’air que l’on respire est encore plus pollué

Peintures, colles, cosmétiques, désodorisants, produits ménagers, cigarettes, etc. : la liste des produits nocifs à l’intérieur d’une habitation est longue. Tant et si bien que l’air y est souvent plus pollué qu’à l’extérieur.

L’affaire n’est pas anecdotique : il est admis qu’une personne passe 80 % à 90 % de son temps sous un toit. “A la différence de la pollution de l’air extérieur, celle de l’air intérieur est restée plutôt méconnue”, assure André Cicolella, porte-parole du Réseau environnement santé. Il participait, durant le week-end du 18 avril, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhônes), à un congrès intitulé Un autre regard sur le cancer, organisé par l’association Ressource, fondée par le cancérologue Jean-Loup Mouysset.


Les plus exposés à la pollution intérieure sont, comme toujours, les plus fragiles : bébés, enfants, personnes sensibles et femmes enceintes - d’autant que la grossesse est une période pendant laquelle les femmes sortent moins. Tout le monde est touché : même dans les crèches, selon une étude menée par l’Association santé environnement France (ASEF), dévoilée fin mars.

Pour combattre ce problème, le ministère de la santé a présenté, samedi 18 avril, un Guide de la pollution de l’air intérieur, diffusé à deux millions d’exemplaires, et le deuxième Plan national santé environnement (PNSE2), qui devrait être présenté avant l’été, se penchera aussi sur la question.


Quels sont les risques ? “L’air que l’on respire à l’intérieur peut avoir des effets sur le confort et la santé, depuis la simple gêne (odeurs, somnolence, irritation des yeux et de la peau) jusqu’à l’aggravation ou le développement de pathologies, comme par exemple les allergies respiratoires”, souligne l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI). Sans parler de l’asthme, des manifestations inflammatoires, infectieuses, des problèmes cardio-vasculaires, ou neurologiques… Certains polluants, dont la concentration est parfois quinze fois supérieure à l’intérieur, sont des agents cancérogènes avérés ou probables.


L’”EFFET COCKTAIL”


Pas moins de 100 000 substances seraient utilisées industriellement dans l’Union européenne. Un certain nombre d’entre elles ont été évaluées cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR), dont le formaldéhyde, très présent dans les intérieurs (produits d’entretien, cosmétiques, etc.). Mais beaucoup de ces substances, que l’on trouve chez soi, ne sont pas évaluées.


“On a focalisé (les recherches) sur des polluants “classiques” comme le benzène et le formaldéhyde, mais l’enjeu est plus sur les substances de type perturbateurs endocriniens, qui généralement ne sont pas mesurées, alors qu’elles contaminent la quasi-totalité de la population, qu’il s’agisse du bisphénol A (BPA), des polybromés, des phtalates ou des pesticides”, prévient M. Cicolella.


Quelques exemples de pollutions parmi d’autres : la fumée d’une cigarette contient plus de 4 000 substances (benzène, monoxyde de carbone, ammoniac, etc.) ; les matériaux de construction des bâtiments peuvent émettre du radon ; les composés organiques volatils (COV), qui proviennent des appareils de chauffage, du mobilier ou des tissus d’ameublement (colles, teintures, peintures, plastiques), peuvent être cancérogènes ; les pesticides à usage domestique, utilisés comme protecteurs des bois, antimoustiques, etc. ; ou encore certains désodorisants, parfums d’intérieur, cosmétiques, etc., contiennent des polluants. L’”effet cocktail”, lorsque l’organisme accumule plusieurs produits chimiques qui, pris individuellement, sont inférieurs aux seuils autorisés, crée également des inquiétudes.


“En attendant les études, on doit trouver les moyens d’éliminer les expositions inutiles”, alerte le docteur Annie Sasco, directrice de l’équipe d’épidémiologie pour la prévention du cancer à l’université Bordeaux-II. “Il existe des alternatives saines aux produits dangereux : peintures sans solvants, meubles sans substances toxiques”, rappelle Anne Barre, présidente de la branche française de Women in Europe for a Common Future. Cette association a lancé les ateliers Nesting pour informer sur les sources de pollution de l’air intérieur. Elle mène une action de sensibilisation auprès du grand public et des collectivités locales, mais semble avoir du mal à trouver des financements.

Futura Santé - 9 octobre 2008 - Asthmes et allergies

Asthme et allergies : traquez l’ennemi dans la maison

Depuis plusieurs dizaines d’années, le nombre de cas d’asthmes et d’allergies ne cesse d’augmenter dans les pays développés et des facteurs environnementaux sont manifestement en cause. La pollution extérieure joue sans doute un rôle mais les allergènes sont aussi présents à domicile… Quelques mesures simples permettent d’en réduire la quantité.

Considéré comme un refuge vis-à-vis de l’extérieur, « notre habitat renferme aussi des substances néfastes pour la santé, notamment celles des plus sensibles », souligne le Pr Frédéric de Blay (Strasbourg). Nos maisons et nos appartements seraient directement impliqués dans l’explosion du nombre de cas d’asthmes et d’allergies depuis le début des années 1980.

« A la fin des années 1970, seuls 3% des 13-14 ans étaient asthmatiques contre 11% aujourd’hui, révèle-t-il. Les acariens [que l’on trouve notamment dans nos matelas, sommiers, moquettes et rideaux, NDLR] et le chat sont les allergènes les plus fréquemment en cause dans l’asthme allergique de l’enfant et de l’adulte ».

Le Pr de Blay cite également les moisissures « qui font tousser et sont irritantes pour les bronches », sans oublier bien sûr les nombreux polluants chimiques dégagés par les cuisinières à gaz, les poêles, cheminées à foyer ouvert, colles à parquets et autres vernis. « L’air intérieur apparaît comme un mélange de substances biologiques et chimiques qui interagissent les unes avec les autres ».

Ouvrez les fenêtres !

Pour contrer ces allergènes, la parade tient en deux mots : ventilation (grâce aux VMC ou ventilations mécaniques contrôlées, « qui doivent être vérifiées tous les ans ») et aération. « Il suffit d’ouvrir les fenêtres quelques minutes chaque jour ». De 5 à 15 minutes, recommande l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, y compris en hiver bien sûr.

Des travaux ? Si vous faites construire ou si vous vous êtes lancés dans des travaux de rénovation, Frédéric de Blay retient deux conseils : « d’une manière générale, préférez la brique à l’aggloméré et repérez les produits (parquets, vernis, colles, peintures…) sans solvants ».

« Le métier de Conseil médical en environnement intérieur (CMEI) est reconnu depuis plusieurs années maintenant, mais il peine à se développer », précise le Pr de Blay, qui regrette « un manque de volonté politique ». Ces professionnels diplômés interviennent en effet à domicile et sur demande d’un médecin. Un bémol, seulement 35 sont en activité… pour toute la France. Pour en savoir davantage sur le sujet, consultez le site du Réseau d’Education des Asthmatiques et Allergiques (Resedaa).

MaxiSciences - 24 mars 2009 - Les cheminées à l’éthanol

Les cheminées à l’éthanol peuvent être dangereuses pour la santé

France - La société Air Naturel met en garde contre la toxicité des cheminées à l’éthanol, cheminées de décoration.

Simples à utiliser et esthétiques dans une maison, les cheminées à l’éthanol sont très en vogue actuellement. En dehors des risques classiques de brûlures et d’incendie de toutes cheminées, elles contribuent aussi à accroître la pollution de l’air des maisons et le risque d’intoxication au monoxyde de carbone.

Les tests réalisés en laboratoire sur plusieurs modèles ont montré le risque réel de ces cheminées. Même dans un espace suffisamment ventilé, une quantité non négligeable de monoxyde de carbone est émise et augmente avec la durée d’utilisation. Elle serait suffisante pour engendrer maux de tête, nausées et vertiges chez l’utilisateur.

Les cheminées à l’éthanol dégagent aussi de l’oxyde d’azote, gaz très dangereux classé comme polluant préoccupant pour l’air intérieur et cancérogène même à très petite dose. Ce gaz agit particulièrement sur les poumons et peut provoquer difficultés respiratoires et crises d’asthme. Deux autres polluants ont été détectés : l’éthanal et l’acroléine, tous deux puissants irritants des voies respiratoires, de la peau et des yeux pour le second (l’éthanal est suspecté d’être cancérigène, l’acroléine a été utilisé comme gaz de combat lors de la Première Guerre Mondiale).

Devant ce risque, des précautions sont à prendre : installer un détecteur de fumée pour se protéger des incendies, installer un détecteur de monoxyde de carbone pour éviter les intoxications, ventiler et purifier l’air intérieur avec un purificateur d’air pour éviter d’inhaler les substances et gaz toxiques.

Pollution intérieure : les médias alertes

Le site www.qualité-air-interieur.fr a vu le jour suite à ce début de médiatisation en 2007.

Inquiets par le danger que représente la pollution dans nos maisons, nous avons souhaité, en tant que pères et mères de famille, creuser le sujet en profondeur. Livres et revues thématiques, articles de presse, interviews de scientifiques, déclarations politiques, rapports d’analyses : toutes nos sources ont fait l’objet de vérifications rigoureuses, ce qui fut un travail de longue haleine ! Considérez donc www.qualité-air-interieur.fr comme la synthèse de ces informations, lesquelles nous avons jugées utiles et urgentes à faire circuler dans vos chaumières :-)

Attention, bien que nous abordions les polluants les plus dangereux (benzène, formaldéhyde, cov), leurs sources (décoration, meubles, matériaux, pièces de vie) et leurs effets sur la santé (gênes, allergies, cancers), nous sommes bien loin d’offrir une documentation complète. C’est pourquoi nous proposons ci-dessous une revue de presse mise à jour régulièrement. Pour plus d’informations, n’hésitez pas également à consulter nos liens internet.

Le JDD - le 06 mars 2009 : Le vent mauvais s’en va de l’intérieur

Après avoir observé la recrudescence des maladies respiratoires et des cancers, une étude nationale sur la qualité de l’air a montré récemment un excès de confinement dans les habitations. Des changements de comportement s’imposent.

Quel est le point commun entre peindre une fresque sur toile de lin et se faire les ongles? Le fait d’apposer un aplat coloré sur une surface, certes. Mais aussi le dégagement dans l’air d’une fragrance, dont l’inhalation est peu recommandable pour la santé.
Qu’elles soient perceptibles ou inodores, agréables ou nauséabondes, les molécules présentes dans l’air ont tendance, dans les pays riches, à être confinées, faute d’aération suffisante. Et ce, y compris lorsque les systèmes de ventilation et d’isolation sont différents.

Si l’ensemble du parc de logements étudié est contaminé, seules les quantités et la nature des molécules diffèrent. “Environ 10% des habitats présentent entre 3 et 8 substances fortement concentrées, mais la plus grande part des logements étudiés -c’est-à-dire 45%, contiennent une multitude de substances en petite quantité”, déclare Séverine Kirchner, responsable du pôle Expologie de la qualité de l’air intérieur à l’Observatoire national de la qualité de l’air intérieur (Oqai). Après des enquêtes basées sur des analyses microbiologiques et physiques, l’Oqai mène des campagnes préventives depuis 2001. Des mesures du radon (gaz naturel émanant du sol), à celles des particules émises par la cuisson, le chauffage, l’aspirateur, en passant par le CO2 émis par notre propre respiration, l’étude s’est intéressée à tout. Or, la conclusion est sans appel: “ce sont les comportements qui sont à améliorer”, insiste la chercheuse du CSTB, opérateur de l’Oqai.

“Les sources doivent être gérées avant tout”

La clef ? Eviter les sources polluantes, et aérer au maximum. Une fenêtre ouverte vaut mieux qu’un pschitt lavande de ces “masquants d’odeur”, émettant des composés organiques volatils. “Puisqu’on peut mettre tout ce qu’on veut sur le marché, tout le monde dispose de produits irritants ou allergisants, note Séverine Kirchner. Formaldéhyde, benzène, acariens, cendres, poils, humidité, moisissures… La chimie, la faune et la flore résidant dans les moquettes, dans les oreillers et l’oxygène alimentant notre sang, constituent un écosystème étonnant.

Lequel reste à surveiller tout de même, “car certains produits comme le benzène sont cancérogènes. Tout dépend du mode de vie. “Si on reste à lire seule chez soi et que la VMC (ventilation mécanique contrôlée) fonctionne bien, il est inutile d’ouvrir souvent les fenêtres”, note Séverine Kirchner. En revanche, un bricoleur, un peintre ou une journée riche en lavages de linge nécessitent “une aération d’une demi heure ou plus par jour”.

Favoriser la circulation de l’air relève du bon sens, “tout comme poser son vernis près d’un courant d’air, et non au fin fond d’une salle de bains”, ajoute-t-elle. L’Oqai exploite actuellement les données sur l’air recueilli dans des crèches. Ensuite viendront des analyses de l’air des patinoires, piscines, etc.

Dans le monde pourtant, les gros problèmes de santé liés à l’air intérieur concernent souvent les mêmes personnes. “Les Indiens se chauffent aux combustibles fossiles à l’intérieur de la maison, fait remarquer Séverine Kirchner. Noirs charbon, les poumons asphyxiés sont ici bien peu aidés par une fenêtre ouverte. Encore une fois, “ce sont les sources qui doivent être gérées avant tout”.

EUROPE 1 - 26 mars 2009 : L’air des crèches est trop pollué

C’est une information Europe 1. Une enquête menée pendant une semaine par l’association Santé-Environnement dans plusieurs villes révèle que les taux de pollution de l’air dans les crèches visitées dépassent dans la grande majorité des cas les normes autorisées. Parmi les substances les plus dangereuses pour les enfants, les formaldéhydes présents notamment dans les colles utilisées pour les meubles en aggloméré.

Ce sont les résultats d’une enquête inédite menée par l’association Santé-Environnement dans des crèches et des centres sociaux, soit au total dix sites dans plusieurs grandes villes françaises notamment à Paris, Lille, Toulouse ou Grenoble. Une étude révélée par Europe 1 et qui se révèle particulièrement inquiétante pour les parents qui laissent tous les jours leurs enfants dans ces lieux d’accueil. Car l’air y est particulièrement pollué.


Trois substances cancérigènes ou néfastes pour le système reproductif ont été testées à l’aide de petits capteurs : les phtalates, utilisés pour assouplir le plastique, le benzène, un solvant, et les formaldéhydes, présents notamment dans les colles utilisées pour les meubles en aggloméré. Or dans la grande majorité des cas, les résultats dépassent les taux de référence autorisés par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Ce qui équivaut pour les enfants à une intoxication chronique, lente et surtout jusque là silencieuse. Parmi les substances les plus dangereuses pour les enfants, les formaldéhydes présents notamment dans les sols en lino et les différents vernis sur les meubles.

L’association Santé-Environnement exige d’ores et déjà un meilleur étiquetage des meubles et des colles pour qu’au moins les crèches puissent s’en détourner en toute connaissance de cause. A court terme, il faut penser à aérer régulièrement. A long terme, c’est sur l’implantation même des crèches qu’une réflexion devra être menée, pour les éloigner notamment des grands axes routiers.

FRANCE 3 JT- le jeudi 26 mars : L’air de nos crèches est-il pollué ?

FRANCE 3 - extrait du journal télévisé le jeudi 26 mars

logotype france 3

L’air de nos crèches est-il pollué ?

Si l’on en croit les résultats d’une étude dévoilée par l’association Santé Environnement, les crèches collectives seraient de véritables nids à pollution.
(…)
A la crèche, respirer peut nuire à la santé des tous petits. L’association Santé Environnement a analysé l’air de 10 crèches de toute la France avec en ligne de mire le “benzène” et le “formaldéhyde“, deux cancérigènes classés dans le groupe le plus dangereux par l’Organisation Mondiale de la Santé. Dans 7 crèches sur 10, le benzène dépasse la valeur toxique fixée par l’OMS. Quant au formaldéhyde, il dépasse ce seuil dans 4 établissements.

Selon le Docteur Pierre Souvet, Médecin Président de l’ASEF (Association Santé Environnement France), “il ne s’agit pas d’affoler la population et de leur dire que tout va mal. Le but est que les directeurs de crèches, les médecins, les entreprises, et les collectivités s’intéressent à ce problème pour trouver des solutions meilleures.”

Le formaldéhyde est responsable de troubles respiratoires comme l’asthme. On peut le trouver partout dans l’environnement intérieur. “Dans l’ameublement, tout ce qui est bois à lamelles collées (beaucoup de meubles à l’heure actuelle sont faits ainsi), dans tout ce qui est portes de placards, colles à sols et à revêtements muraux,” précise Marie-Pierre Vagnot, Air de l’Ain et des Pays de Savoie. “Il y en a dans le maquillage, dans l’habillage et dans les produits d’entretien.”

Les associations alertent sur la nécessité de protéger les plus jeunes. C’est aussi la demande de la Sénatrice Marie-Christine Blandin, Sénatrice du Nord et spécialiste de la qualité de l’air

MARIE CHRISTINE BLANDIN Sénatrice du Nord (Nord-Pas-de-Calais)

MARIE CHRISTINE BLANDIN Sénatrice du Nord (Nord-Pas-de-Calais)

intérieur. “J’en appelle au Ministère pour qu’ils interdisent ces matériaux émissifs qui mettent dans notre air des molécules cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.”

Pour lutter contre ces polluants, la Secrétaire d’état à l’écologie prévoit de rendre obligatoire la surveillance de la qualité de l’air dans les bâtiments qui accueillent des publics sensibles comme les enfants.

LE FIGARO - 30 janvier 2009 : La pollution intérieure touche d’abord les enfants

Dix mille enfants de moins de 4 ans meurent chaque année dans les pays européens les moins riches des émanations de combustibles solides ou de tabac.

Réunis mercredi et jeudi à Luxembourg, les ministères de la Santé et de l’Environnement des pays européens ont décidé de renforcer les engagements qu’ils avaient pris en 2004 dans le cadre du Plan d’action pour l’environnement et la santé des enfants en Europe. À cette occasion, ils ont annoncé qu’ils entendaient réduire sensiblement la mortalité et la morbidité des enfants en améliorant la qualité de l’air intérieur.

«Les deux principaux problèmes sont le tabac et la pollution, explique le Dr Michal Krzyzanowski, conseiller régional du bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Europe. Ouvrir la fenêtre ne suffit pas à faire sortir la fumée. Et les enfants qui ont des parents fumeurs ont plus de risques que les autres.» On croit souvent à tort qu’aérer en ouvrant les fenêtres suffit à renouveler l’air vicié des intérieurs. «Mais il faut le faire aux heures les moins polluées, soit tard le soir ou la nuit, mais pas le matin», préconise Michal Krzyzanowski. La fumée de cigarettes cause également des problèmes respiratoires sévères tels que l’asthme.

Asthme et humidité

Dans la région européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on estime que 10 000 enfants âgés de 0 à 4 ans meurent chaque année du fait de l’utilisation de combustibles solides dans les foyers. L’OMS relève également que 90 % d’entre eux vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Pour des soucis d’économie ou pour des raisons écologiques comme l’économie d’énergie, «les gens brûlent des déchets ou du bois dans des poêles rudimentaires ou mal entretenus à des fins de chauffage et de cuisson des aliments, au lieu d’utiliser des combustibles plus propres mais plus chers», déplore l’OMS.

Elle relève aussi que ces situations augmentent l’exposition au monoxyde de carbone ainsi que les risques d’incendie domestique. Pour les enfants les plus pauvres de l’Europe, le risque de mourir dans des incendies accidentels est d’ailleurs quasiment 40 fois plus élevé que pour les plus riches. En Inde, où les femmes utilisent chaque jour du bois pour faire la cuisine à l’intérieur de leur habitation, on estime que ces émanations reviennent à ce qu’elles inhaleraient si elles fumaient deux paquets de cigarettes quotidiennement.

Dans certains pays européens,l’OMS relève que 20 à 30 % des ménages ont des problèmes d’humidité, ce qui accroît le risque de troubles respiratoires de 50 %. Les enfants sont les plus vulnérables et les logements humides pourraient être à l’origine de 13 % de l’asthme des enfants dans les pays développés. Les cités d’habitations compactes ont des concentrations plus élevées de polluants de l’air intérieur, ce qui favorise l’humidité.

Pour essayer de réduire tous ces problèmes liés à la pollution environnementale, le bureau régional de l’OMS pour l’Europe a examiné des exemples d’interventions efficaces. Elles consistent notamment à adopter des normes de construction favorables à la santé, à donner des incitations financières pour l’adoption des méthodes de chauffage et de cuisson plus hygiéniques. D’autres mesures sont également préconisées comme l’entretien des poêles ou encore… l’abandon du tabac.

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